Mon Premier Degré de Reiki Chez Un Maître Japonais


Cet article est la suite de Balade En Pleine Conscience dans les Rues de Tokyo. Romancé au début, je partage ensuite ma première véritable expérience dans le monde des énergies à l’occasion du passage de mon premier degré de Reiki.


Lorsque ma sensei ouvre la porte avec ce sourire bienveillant, je m’applique autant que je peux à prononcer mon plus beau « konnichiwa », et à lui retourner le même regard emprunt de gentillesse.

Elle m’invite à retirer mes chaussures avant d’exaucer le vœux formulé quelques instants plus tôt : découvrir l’intérieur de l’une de ces habitations qui me fascinent tant.

Son appartement est très petit et un peu ancien. Un couloir mène à une pièce de vie caméléon se transformant au gré des besoins de la journée et de la nuit. À cette heure, c’est une table de massage Reiki qui trône au milieu de la pièce.

Depuis la petite table en bois de la cuisine, je la regarde avec l’impatience de découvrir ces fameux massages. Est-ce que je vais vraiment ressentir quelque chose ?

Yuko Sensei me tend un verre d’eau tiède qui peine à me désaltérer. Si les trente minutes de marche sous la chaleur étouffante de la capitale nippone ont été apaisantes pour mon esprit, elles ont été éprouvantes pour mon corps, qui lutte afin de retrouver sa température de croisière sous ma chemise et mon jean trop serrés.

Je regrette ce choix de vêtements inapproprié, non sans une petite touche d’ironie… Aurais-je du mal à lâcher-prise ?

Assise devant moi, Yuko Sensei semble bien loin de mes pensées agitées, tout ce qui émane d’elle n’est que calme et sérénité.

Malgré mes efforts pour me synchroniser avec elle et une complicité qui s’installe entre nous dès les premiers instants, dans le subtil, notre rencontre provoque un choc énergétique suffisamment important pour s’incarner dans la matière sous la forme d’une gêne sous-jacente.

Elle le sent elle aussi, sans pour autant que cela ne vienne la perturber, comme si son corps et son être parvenaient à canaliser toutes les énergies environnantes. Positives ou négatives, il en ressort quelque chose de délicieusement neutre.

Cette présence consciente et bienveillante me déstabilise. Elle est le miroir de tout ce que je ne suis pas et ses réflexions attisent les flammes de mon être si fragile depuis plusieurs mois. À cet instant, j’ai l’impression que mon corps tout entier est recouvert d’une poussière couleur de cendre. Momie rigide face à cet astre de lumière.

Sur mon visage, se forme un sourire niais. Depuis combien de temps n’ai-je pas ressenti toutes ces sensations à l’intérieur de moi ? Elles me sont d’autant plus flagrantes que la marche en pleine conscience m’a permis de me reconnecter à mon corps et de pointer clairement du doigt tout ce qui ne va pas.

La Pleine Conscience. Certains y voient une méthode de relaxation, mais sa pratique peut être presque douloureuse lorsque le mal-être est profond. Malgré tout, je suis ravi d’avoir la sensation de sortir hors de mon corps dépressif pour la première fois depuis si longtemps.

 

“What do you know about Reiki?”

Mon regard se fixe de nouveau sur le visage de Yuko. Cette question sonne le début de mon apprentissage du Reiki.

Je dois dire que je sais bien peu de choses à son sujet. J’ai découvert ce mot quelques années plus tôt, car un de mes amis le pratiquait. À l’époque, mon esprit encore très cartésien n’était pas tombé sous le charme du monde des énergies invisibles.

Ces derniers temps, j’ai noté qu’il revenait à moi de façon très insistante. Alors, puisque j’avais un weekend de disponible à Tokyo, je me suis dit que c’était une formidable occasion de passer mon premier degré de Reiki dans son pays d’origine. Sans toutefois trop me renseigner sur son sujet. J’aime laisser à la vie le charme de faire les choses à mes côtés.

Yuko Sensei commence par m’apprendre que Reiki signifie “énergie de l’esprit”. Il est donc une énergie de vie, de lumière, d’amour qui fonctionne bien au-delà des besoins thérapeutiques.

En s’initiant au Reiki, chaque personne devient un canal permettant de laisser cette énergie couler en nous ou vers d’autres personnes.

Qu’il se transmet par une douce apposition des mains sur le corps, qu’elle le pratique sans d’ailleurs le toucher, mais en plaçant ses mains à 2 ou 3 centimètres de celui-ci.

Elle me dit que le Reiki n’est ni une croyance, ni une religion, mais une méthode pratique de transmission de l’énergie afin d’équilibrer et de soigner, à la portée de tous.

Tous ? Oui, vraiment tous, humains, animaux, plantes, etc. Tout le monde peut bénéficier des nombreuses vertus du Reiki ! Parmi elles :

  • régularisation du système énergétique
  • dissolution des blocages
  • favorise la détente totale et encourage l’élimination des toxines

En tant que méthode de soin naturel et holistique, il agit sur les causes fondamentales d’un problème au lieu de traiter uniquement les symptômes apparents.

Elle conclut enfin son introduction par quelques précautions. Me prévient que le Reiki ne vient pas se substituer à une pratique médicale classique, mais qu’il vient la renforcer et accélérer le processus de guérison mis en place.

Que celui-ci est n’est pas un don mais qu’il peut être pratiqué à condition d’avoir reçu un enseignement par un Maître Reiki enseignant certifié, et qu’il doit être motivé par un cœur honnête et avec un engagement profond.

À l’écoute de cette introduction, je souris intérieurement. Pas étonnant que je sois ici aujourd’hui, tout cela vibre en moi naturellement, comme si elle avait mis des mots sur des choses que je ressentais depuis longtemps.

 

« J’ai lu sur Internet que le Reiki avait parfois été l’objet de certaines déviances, que le mot « secte » lui est de temps en temps associé, pourquoi ? »

En bon occidental, je n’ai pas pu m’empêcher de lui poser cette question. Yuko m’explique alors que l’histoire tumultueuse du Reiki a pu parfois engendré des incompréhensions.

Le Reiki est effectivement né en 1922 par Mikao Usui, maître de méditation japonais. Celui-ci décède en 1926, 4 ans plus tard et en ayant tout juste le temps de transmettre son savoir.

À sa mort, Chujiro Hayashi puis Hawayo Takata prendront le relais. Mais la Seconde Guerre Mondiale contraindra le premier à se suicider pour préserver son honneur, et la seconde à pratiquer depuis Hawaï, son lieu d’habitation et donc en dehors des frontières du Japon.

Commence alors un long voyage à travers le monde pour une pratique parfois détournée du Reiki originel de Usui, mais qui prendra heureusement une tournure très positive dans les années 1990.

Yuko m’informe que la pratique du Reiki est toutefois très mal vue des japonais contemporains, qu’elle-même l’enseigne avec une relative discrétion depuis son retour de New York où elle vivait sa carrière dans une autre vie.

Voilà pourquoi j’ai eu tant de mal à trouver un Maître Reiki au Japon. Son histoire avec son pays natal est finalement assez triste.

 

Bienvenue dans le monde des énergies

Plus tard, vient enfin le moment de m’allonger sur la table de massage qui jouait tant avec mon impatience depuis mon arrivée. Je constate avec satisfaction que je suis largement plus détendu que tout à l’heure et que le moment ne pouvait pas être plus opportun.

Avant de commencer, elle me rappelle qu’elle n’a pas pour habitude de poser ses mains sur le corps des personnes qui viennent la voir et qu’elle me fera un massage Reiki classique en les plaçant à quelques centimètres de celui-ci.

Je ferme les yeux.

Je l’entends d’abord se déplacer autour de moi, prononcer quelques mots que je ne comprends évidemment pas.

Et puis le calme. Une sensation de chaleur sur mon visage. C’est agréable, je me sens encore plus détendu. Cette sensation de chaleur accompagne chacun de ses gestes.

Lorsque ses mains arrivent à hauteur de mon plexus solaire, je remarque que le chaud devient brûlant, subitement ! J’ai l’impression que le bout de ses doigts me brûle comme un fer incandescent planté dans cette partie de mon corps, à tel point que cela en est presque douloureux. Je trouve ça d’autant plus incroyable qu’elle ne me touche même pas et que cette sensation restera présente quelques minutes après avoir balayé d’autres parties de mon corps.

J’ouvre les yeux.

Elle me demande quels ont été mes ressentis. Je les lui décris avec ferveur, cherche immédiatement à comprendre pourquoi, mais elle se contente de me répondre par un sourire.

 

La porte de son petit appartement se referme et me voici de nouveau à déambuler dans les rues du quartier de Nakano, satisfait de cette première expérience dans le monde de l’énergie et de tous les enseignements de l’après-midi.

Mon être, tout à l’heure recouvert de poussière, semble désormais vouloir briller au contact de cette nouvelle énergie.

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