Faire Face Aux Tourments de l’Incertitude

“L’incertitude est la seule certitude qui existe, et savoir vivre avec l’insécurité est la seule sécurité.”

John Allen Paulos

Nous passons un temps considérable de notre vie aux côtés de l’incertitude, à se demander avec inquiétude si le chemin qui s’ouvre devant nous est le bon, à dévisager les choix qui s’offrent à nous.

Il y a d’abord les incertitudes qui nous sont propres :

“Est-il raisonnable de me réorienter professionnellement ?”, “Est-ce que je vais me plaire dans cette nouvelle ville ?”, “Cette machine à laver est-elle réellement conforme à tous mes besoins ?”, Je ne suis pas certain d’être à l’aise dans cet environnement social.”, etc.

Il y aussi des incertitudes plus globales, liées à l’environnement dans lequel nous vivons :

“Que va t-il se passer si untel arrive au pouvoir ?”, “Est-il bon d’investir dans le contexte actuel ?”, “Et si une guerre éclatait, ma société tiendrait-elle le coup ?”, etc.

Paradoxalement, notre propension à éprouver de l’incertitude croît à mesure que le champ des possibles s’agrandit. Comme si notre confiance se diluait dans la pluralité des choix, plutôt que d’y voir autant d’opportunités.

Le développement des connaissances et l’accès toujours plus grand à l’information ne réussit pas non plus à nous rassurer. Au contraire, à trop vouloir raisonner, nous complexifions et nourrissons le doute et l’incomplétude.

Vaste et passionnant sujet que l’incertitude, j’y reviendrai.

Ce qui m’intéresse ici, c’est la relation que nous entretenons avec elle. Si certains parviennent à apprivoiser l’incertitude des choses, la très grande majorité d’entre nous demeure mal à l’aise à son contact, générant des émotions non-désirées, telles que le stress ou l’angoisse.

Et les réponses que nous y apportons ne sont pas toujours les plus indiquées. Quelques exemples :

  • chercher à tout prix à réduire la marge d’incertitude par le biais de la raison (lectures, recherches intensives, etc.), ce qui fait perdre de son charme à l’objectif initial et/ou complexifie davantage nos choix,
  • une bonne vieille procrastination durant laquelle on repousse, on rumine et on accentue les craintes,
  • on abandonne purement et simplement l’idée de… C’est plus facile comme ça !

Ces exemples de réactions sont tout à fait communs et naturels, mais ne sont pas les plus appropriés ! La peur n’évite pas le danger.

Alors comment faire pour ne plus se laisser tourmenter par l’incertitude ?

Pour avoir eu la chance d’habiter dans plusieurs pays, de beaucoup voyager, de changer de métier et de fréquenter des gens très différents, je me sens plutôt à l’aise avec l’incertitude du monde physique.

Je peux même dire que je la regarde comme une chose très précieuse, même si, perfectionniste que je suis, elle vient me taquiner un peu parfois.

 

Un nouveau regard sur l’incertitude

Avant toute chose, je vous propose de la considérer sous un nouveau jour. Après tout, il n’y a aucun mal à éprouver de l’incertitude, elle est inhérente à toute chose. Pour ma part, je la considère comme le signe que je m’apprête à faire quelque chose ou à prendre une décision qui a du sens pour moi.

L’incertitude offre la possibilité de se challenger, d’acquérir un nouveau savoir, de vivre de nouvelles expériences ou encore de mener sa vie dans une direction inattendue.

Plutôt que de rester figé dans des schémas simplifiants, elle nous incite à aller plus loin. Elle est à la fois une opportunité d’aller de l’avant, de se développer personnellement et de s’ouvrir sur le monde, mais également une possibilité de se tourner vers son passé et de reconsidérer ses peurs et ses erreurs !

Ôtez à votre vie l’incertitude des choses, elle en perdra tout son charme. Osez embrasser l’inattendu, rendre à la vie son imprévisibilité : la vigilance à son paroxysme !

 

Sur le chemin de l’incertitude

Voici donc quelques-uns des conseils que j’ai trouvé utiles sur mon chemin.

Accepter de ne pas pouvoir tout contrôler

La première étape réside dans l’acceptation qu’il est impossible de tout contrôler, même si la petite voix de notre mental nous souffle dans l’oreille l’exact opposé.

Il ne s’agit pas pour autant de se résigner, mais plutôt de remplacer la croyance : « tout doit être et se passer comme je le souhaite » par : « c’est vrai, l’incertitude n’est pas très confortable, mais elle est tolérable et je l’accepte ».

L’acceptation est peut-être le conseil le plus difficile à appliquer, mais également le préalable indispensable qui vous permettra de traverser plus sereinement une période d’incertitude.

Profitez-en pour faire la liste des choses que, en revanche, vous pouvez contrôler. Quels sont les aspects de la situation qui jouent en votre faveur ou sur lesquels vous avez le pouvoir de décider ? Quels sont vos points forts et vos points faibles ?

Inutile de vous enorgueillir pour autant, soyez simplement dans la conscience de toutes ces choses qui sont en vous.

Peu importe la fin, se concentrer sur les moyens

L’incertitude nait d’une projection future rendue incertaine par le manque d’information précise à notre disposition. À défaut de pouvoir se reposer sur des données tangibles pour y arriver, la tentation est grande pour notre mental de s’appuyer sur la projection future et d’y placer tous nos espoirs.

La mauvaise nouvelle, c’est que le futur n’existe pas, il attend d’être créé. Autrement dit, même si votre incertitude prenait racine dans le manque d’informations, il faut bien comprendre que la projection espérée aurait été incertaine quoiqu’il en soit.

Je ne dis pas qu’il est inutile de visualiser l’avenir tel que nous aimerions qu’il soit, bien au contraire ! Je dis qu’il n’est pas raisonnable de placer un attachement ou une partie de soi dans une situation qui n’existe pas et qui n’existera peut-être jamais.

La bonne nouvelle, c’est que le futur n’existe pas, il attend que vous le créiez. C’est que si vous n’avez pas de prise sur le futur, vous en avez une dans le présent !

Alors plutôt que de focaliser votre attention sur votre objectif, je vous propose de revenir dans l’ici et maintenant et de vous concentrer sur toutes les démarches que vous pouvez mettre en place pour y arriver.

Vous pourriez être bien surpris par les résultats que vous obtiendrez !

Prendre de la distance avec ses émotions…

Ce n’est pas tant l’incertitude qui fait peur, ce sont les émotions que l’on y attache et qu’elle réveille.

Cela peut par exemple être le manque de confiance en soi ou la peur de l’échec dans le cas d’une incertitude liée à la réussite d’un projet, le manque d’estime de soi, une timidité refoulée ou la peur du rejet si elle porte sur un nouvel environnement social, etc.

Le problème, c’est qu’une pensée négative en entraînant une dizaine d’autres, nous pouvons vite nous retrouver piégés dans un tourbillon de négativité.

Que faire pour le stopper ? Devenir l’observateur de ses émotions !

Pour cela, je vous propose de commencer par conscientiser votre rapport avec cette incertitude. Regardez-la attentivement, quelle(s) émotion(s) fait-elle naître en vous ? Examinez-la les avec l’intention de comprendre les sources de vos tourments.

Puis portez votre attention vers votre corps. Peut-être pouvez-vous la ressentir, sous la forme d’une chaleur, d’une raideur ou du rythme de votre cœur qui s’accélère. Prenez le temps de regarder cette émotion se manifester dans votre présent, sans y porter de jugement, en faisant corps avec elle. Et laissez-la s’en aller de la même façon qu’elle est venue à vous.

Répétez cet exercice à chaque fois que vous ressentirez l’inconfort de l’incertitude, cela vous permettra de prendre une distance bien utile avec vos émotions afin d’agir plutôt que de réagir.

… mais toujours écouter son cœur !

Les trois premiers conseils avaient comme objectif essentiel de vous aider à lâcher-prise, afin de vous libérer du poids de l’incertitude et de vous aider à prendre les bonnes décisions.

Si vous avez réussi à les appliquer, c’est que vous y êtes parvenus et je vous en félicite ! Vous voici désormais libéré (au moins en partie) de l’emprise de votre mental et plus à même d’agir en écoutant votre cœur, à ce qui est essentiel et le plus en connexion avec vos valeurs.

Si vous avez sauté ces trois étapes, c’est dommage, mais ce conseil vous concerne également.

Quelle que soit la nature de votre incertitude, prenez chacune de vos décisions en écoutant votre cœur. Vous pourrez trouver conseil auprès de 100 personnes, elles auront toutes un avis différent, probablement bienveillant, mais passé au filtre de leurs propres opinions ou expériences. Chacun de ces conseils ne servira qu’à amplifier votre indécision.

Si vous sentez que votre décision est trop animée par la passion, apportez-lui un peu de raison. Pour le reste, écoutez votre cœur et laissez la vie faire les choses.

 

S’il y a une chose certaine avec l’incertitude, c’est qu’il existe de nombreuses possibilités d’y faire face le plus sereinement possible.

Je vous encourage d’ailleurs à user et abuser de toutes les techniques permettant de se reconnecter à l’instant présent, le yoga ou la méditation par exemple.

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