Et Si Nous Cessions de Projeter Nos Attentes Envers les Autres ?

Pourquoi nous mettons-nous en colère contre les gens ? Pourquoi sommes-nous déçus ou frustrés par eux dans la vie de tous les jours ?

Ce sont les questions que je me posais hier soir en voyant Léa rentrer à la maison, complètement abattue de l’attitude négative répétée de certains de ses collègues à son égard.

Soyons honnêtes, qui d’entre-nous ne passe pas régulièrement par ces états de colère, de déception ou de frustration ? 

À titre personnel, je pense avoir traversé plusieurs fois ces émotions ne serait-ce que depuis le début de la semaine. La plupart du temps, elles sont très légères, m’effleurent à peine, et s’apparentent davantage à une simple brise d’incompréhension.

Malheureusement, elles peuvent aussi être plus puissantes, désagréables et déstabilisantes, comme ce fut le cas pour Léa hier soir.

S’il n’y a évidemment aucune excuse permettant de justifier ce genre de comportement négatif voire agressif à notre égard, il me semble important de considérer que, dans la grande majorité des cas, l’origine de nos souffrances réside dans les attentes que nous plaçons envers les gens

Vous en doutez ? C’est normal, car ces fameuses « attentes » sont généralement inconscientes, elles se fixent sur notre rapport à l’autre sans que nous nous en rendions compte, et nous affectent lorsque les choses ne vont pas dans notre sens !

De quelles attentes parlons-nous exactement ? Un début de liste ci-dessous :

  • nous attendons que tout le monde soit d’accord avec nous
  • que les gens soient exactement comme nous voulons qu’ils soient
  • que la terre entière ne soit qu’amour pour nous
  • avoir la reconnaissance de tous
  • trouver validation de toutes nos pensées, actions etc. dans la parole de l’autre
  • parfois même que les gens devinent à l’avance ce que nous pensons !
  • l’attente si noble de vouloir changer les gens

Alors puisqu’il n’existe pas de sort invoquant une bienveillance universelle à notre égard, apprenons en revanche à mieux gérer ces attentes que nous plaçons envers eux !

L’enjeu est important : se libérer de l’emprise de l’autre.

Un autre regard pour ne plus laisser nos attentes nous submerger

Oui, cette personne a été désagréable, impolie, agressive, bornée ou tout simplement stupide envers nous, et elle n’aurait probablement pas dû agir de cette façon.

Considérons néanmoins ceci :

  • D’accord, ce n’était pas de notre faute, mais qui subit actuellement ces émotions non-désirées ? Certainement pas la personne qui en est l’origine, alors, inutile de se faire souffrir davantage.
  • Nous ne sommes pas responsables de ce que les autres font. Laissez-les cracher leur venin, sans que le poison n’atteigne la blanche colombe…
  • Bon ok, nous ne sommes pas non plus irréprochables à 100%. Parfois c’est le cas, mais souvent, nos propres réactions (une idée exprimée, un geste inconscient mal-interprété, une mauvaise humeur passagère, etc.) influencent celles de l’autre.
  • Ces attentes et ces exigences sont de pures créations de notre cerveau. Il est donc possible d’agir dessus, d’y apporter un soupçon d’élasticité à défaut de pouvoir les modifier en profondeur.
  • Le bonheur est possible au-delà des attentes et des exigences que nous pouvons avoir.

Je tiens à préciser que certains comportements abusifs et réellement agressifs sont évidemment intolérables. Ils peuvent être le fruit de troubles émotionnels ou psychologiques d’un individu qui ne doivent en aucun cas rejaillir sur l’autre ! Si cela vous arrive, protégez-vous et… fuyez !

Fort heureusement, dans la très grande majorité des cas, la réaction de l’autre n’engendre pas plus de dommages que les émotions citées plus haut et pour lesquelles nous avons une vraie possibilité de changer notre regard.

 

Il est inutile de projeter ses attentes envers l’autre, voici pourquoi.

Un peu de PNL (Programmation Neuro-Linguistique) pour commencer. Si cette boite à outils vous est familière, vous devez connaître l’un de ses principaux supposés : “la carte n’est pas le territoire”.

Cette affirmation indique que chaque individu construit sa propre carte du monde et, par conséquent, sa propre représentation de la réalité. Il n’existe pas une carte du monde unique mais autant de cartes qu’il y a d’êtres vivants sur cette planète.

Ainsi, les conflits relationnels proviennent le plus souvent de la confusion que nous faisons entre la carte et le territoire. Si nous évoluons tous sur le même territoire, la représentation que nous en avons est unique à chacun.

Dans le cas plus précis de cet article, il est donc important de comprendre que la personne qui réagit mal envers nous le fait probablement par méconnaissance totale ou partielle de notre carte du monde. Cette personne vit dans une réalité différente de la nôtre.

Il s’agit-là d’un point très important à assimiler.

En effet, lorsque nous prenons les choses personnellement, nous avons tendance à considérer que l’autre est pleinement conscient de ce qui se passe dans notre monde.

Quoiqu’il arrive, cela n’est jamais le cas ! Si elle réagit mal, elle le fait en fonction des éléments à sa disposition dans sa propre carte du monde et pour défendre son territoire qu’elle sent menacé à cet instant.

Elle n’a probablement aucune idée des attentes que vous aviez placées en elle, celles-là même, qui, une fois déchues, vous font souffrir.

Vous comprenez à présent pourquoi il est inutile de projeter vos attentes envers l’autre !

“Quoiqu’il arrive autour de vous, n’en faîtes pas une affaire personnelle… vous n’êtes aucunement responsable de ce que les autres font.”, c’est le deuxième accord toltèque du célèbre livre de Don Miguel Ruiz, peut-être l’avez vous reconnu.

Ce que les autres pensent et disent ne nous concernent pas. Cette vérité s’applique aussi aux compliments. Oui, il est agréable d’être flatté, mais ne laissez pas votre égo s’y accrocher.

Baignez quelques instants dans ce sentiment agréable, actualisez votre carte du monde au besoin, et passez à autre chose !

 

La beauté du lâcher-prise

Les deux parties ci-dessus vous auront, je l’espère, apporté quelques pistes vous permettant d’apprendre à mieux gérer les attentes que vous placez envers l’autre.

Je vous propose maintenant d’aller encore plus loin, en travaillant sur votre lâcher-prise.

Il y a quelques années, est venue à moi cette phrase qui est devenue une sorte de mantra : « Le monde n’est pas là pour moi, je dois le voir indifféremment des besoins que je pense en avoir. ». Il doit y avoir un peu de Nietzsche là-dedans, je ne suis plus très certain de ce qui l’a inspiré.

Bref. Changeons « le monde » par « les autres » pour coller au sujet de cet article, et faisons de cette phrase ainsi renouvelée un mantra nous permettant de nous libérer de nos attentes envers les autres.

Autrement dit, de lâcher-prise.

Ce que cela signifie :

  • d’identifier l’attente que nous plaçons envers l’autre et de faire le choix de ne pas la suivre.
  • de laisser l’autre nous offrir ce qu’il a à nous offrir (ou pas), plutôt que d’exiger de lui quelque chose qu’il n’a pas.
  • d’être en sa compagnie une pure présence, bienveillant et pleinement à l’écoute de sa personne, plutôt qu’un interlocuteur, peut-être sympathique, mais subordonné aux désirs de son ego.

Ce que « lâcher-prise » ne signifie pas : laisser couler sur nous toutes les énergies négatives émises par autrui et relativiser en disant que cela n’est pas grave.

Au contraire, si l’autre n’a que du négatif à nous « offrir », lâcher-prise, c’est d’abord le reconnaître, puis former autour de soi une bulle de protection imperméable à son venin ! À plus forte raison s’il s’agit d’une présence imposée au quotidien (un collègue par exemple…).

 

À vous de jouer maintenant ! Entraînez-vous à identifier les attentes que vous placez habituellement envers les gens, apprenez à mieux les gérer à l’aide des conseils ci-dessus et à vous en libérer pour ne plus subir l’emprise des autres.

Un travail fastidieux vous attend, mais cela en vaut la peine !

2 thoughts on “Et Si Nous Cessions de Projeter Nos Attentes Envers les Autres ?

  1. Salut Brieg,

    Au delà des attentes que l’on projette tous et toutes à certains moments, je trouve que le plus difficile est de réussir à ne pas laisser les émotions des autres nous envahir. Et ce d’autant plus dans un climat négatif plus ou moins généralisé que l’on est parfois (souvent ?) “obligé” d’affronter tous les jours, comme par exemple sur son lieu de travail comme tu le dis, ou encore dans les transports en commun. Si t’as des astuces pour rester zen dans les transports (ma bête noire 😱) d’ailleurs, je suis preneuse 😉

    J’essaie, comme tu le conseilles, de ne pas (trop) prendre les choses à coeur et de ne pas en faire une affaire personnelle (mais pas facile tous les jours). Je vais continuer de travailler sur mon lâcher-prise (qui pour le moment penche plus du côté “prise” que du “lâcher” ahah mais je perds pas espoir), en essayant de garder en tête tes conseils 🙂

  2. Salut Camille,

    Oui, tu as raison, se libérer de l’emprise de l’autre est un vaste sujet, qui déborde largement celui qui est évoqué ici.

    Dans cet article, j’ai choisi de l’aborder par le prisme de l’ego, cad celui pour lequel nous avons une prise directe et qui, une fois dépoussiéré, permet de voir plus clairement et de supporter tout le reste.

    Je crois qu’il faut déjà faire un gros travail sur soi, non pas pour assimiler ces conseils, mais pour les appliquer aussi régulièrement que possible et bénéficier des changements considérables inhérents à ce nouveau regard.

    Néanmoins, je ne manquerai pas de suivre ta suggestion et d’élargir le sujet à différents plans (physiques, émotionnels, énergétiques…).

    Oh et puis, concernant les astuces pour rester zen dans les transports : challenge accepted 😉

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