La Pleine Conscience à l’Heure du Déconfinement

 

Pendant le confinement, ont fleuri un peu partout sur la toile des articles faisant l’éloge de la pleine conscience, aide précieuse pour traverser cette période délicate avec plus de sérénité. 

J’ai moi-même beaucoup écrit sur le sujet, étant convaincu d’un certain nombre de similitudes entre le confinement et cet instant où l’apprenti méditant s’assoit pour la première fois. 

Puisque la pleine conscience et ses effets sont agréables et bénéfiques pour la santé, pourquoi, après tout, n’en serait-il pas de même pour nous, apprentis confinés ?

Et puis, le déconfinement a résonné en nous comme trois gongs chantés par un bol tibétain. Nous avons pu quitter notre position assise pour nous lever et retourner à nos quotidiens  dans un semblant de normalité. 

Un semblant, seulement, car l’enthousiasme des premières minutes passées dans les jolies rues d’Aix-en-Provence s’est vite transformé en agacement. Port du masque, files d’attente à l’entrée des magasins et autres restrictions, chaque balade en zone citadine excite malicieusement les nerfs et frustre encore un peu plus notre soif de liberté. 

Plutôt que de subir ces émotions non-désirées, pourquoi ne pas voir en ces instants d’excellentes opportunités de se reconnecter à soi ? De pratiquer la pleine conscience autrement, de manière informelle et en s’amusant ? 

J’ai donc imaginé 5 conseils, tous liés à des moments symboliques de cette période de déconfinement. 

L’enjeu n’est pas seulement de traverser cette nouvelle période plus sereinement, il est bien plus grand !

 

Lever le voile sur la respiration.

Le port du masque est certainement l’un des plus gros inconvénients de cette période de déconfinement. Les balades en tête-à-tête avec son propre dioxyde de carbone sont effectivement loin d’être agréables ! Je plains beaucoup toutes les personnes qui doivent composer avec pendant toute une journée de travail. 

Pour ma part, même en ayant habité à Pékin dans les pires années de pollution enregistrées, je n’avais jamais porté de masque jusqu’à maintenant (à tord, probablement). L’expérience, aussi nécessaire soit-elle, n’en demeure pas moins très désagréable, encore plus lorsque les températures de Provence font grimper le mercure.

Comment porter le masque sans pester contre sa respiration ? 

C’est la question que je me suis posée, la semaine dernière, après avoir éternué dans mon masque (le bonheur !) et m’être copieusement agacé de m’être agacé ! 

Oui, porter un masque, c’est chiant, mais est-il possible de transformer l’expérience en quelque chose de positif ?

Rapidement, j’ai remarqué que mon attention toute entière était focalisée sur le point de sortie de mon souffle, c’est-à-dire sur les sensations les plus désagréables de la respiration. 

J’ai donc choisi d’orienter mon attention vers l’intérieur et je me suis amusé à faire ce petit exercice que je vous propose maintenant : 

1 / À l’inspiration, remarquez les sensations de l’air qui entre dans vos narines, glisse dans votre gorge en direction des poumons qui se soulèvent. Suivez votre inspiration jusque dans le bas de votre ventre, si vous le pouvez. 

2 / Sur l’expiration, accompagnez les mouvements de votre respiration dans le sens inverse. Remarquez votre ventre et vos poumons qui se dégonflent. Notez les sensations de l’air qui ressort par vos narines, différentes de ce qu’elles étaient à l’inspiration, n’est-ce pas ? 

3 / Si ces sensations sont toujours désagréables, ce n’est pas grave, laissez votre attention suivre les mouvements de l’inspiration suivante. Répétez 1 et 2 au moins deux fois.

3 / Sur la prochaine inspiration, plutôt que de suivre le cours naturel de l’air balayer les zones situées entre vos narines et votre diaphragme, visualisez l’air remplir toutes les parties de votre corps. Les bras, les mains, les jambes... doucement...remarquez que c’est tout le corps qui respire. 

4 / À l’expiration, toutes ces parties de votre corps se dégonflent, comme si l’air ne sortait plus uniquement par votre bouche et vos narines, mais était expulsé par toutes les parties de votre corps.

5 / Recommencez 4 et 5 autant de fois que vous le pouvez (souhaitez). Pouvez-vous remarquer comme il est agréable de respirer et que le souffle est créateur de toute vie ?

Souriez ! Vous avez réussi à transformer une expérience désagréable en un formidable moment de reconnexion à votre respiration et à votre corps.

 

Les gestes barrière, une opportunité de se relier à l’instant présent.

Les gestes barrière font désormais partie de notre quotidien. Si, au début, ils pouvaient être perçus comme des contraintes, ils se sont rapidement fait une place au rayon de ces gestes savamment orchestrés par notre pilote automatique. 

D’un point de vue sanitaire, c’est évidemment une très bonne chose. D’un point de vue développement personnel, je trouve intéressant de le constater et de voir comment ces nouvelles habitudes peuvent nous aider. 

Si vous avez déjà téléchargé mon guide, vous vous doutez très certainement de ce qui va suivre ! 

En effet, la plupart des gestes barrière peuvent être l’occasion d’une méditation informelle. 

Qu’est-ce qu’une méditation informelle ? C’est très simple, il s’agit d’apporter plus de conscience dans une activité du quotidien. 

Quels bénéfices pour vous ? La possibilité de mettre votre pilote automatique sur pause, de couper votre mental, de vous relier à l’instant présent afin de vivre plus intentionnellement. 

Oui, ces pratiques contemplatives informelles peuvent avoir de réels bienfaits mentaux ! 

Méditation informelle au moment de se laver les mains  

Ainsi, je vous invite, la prochaine fois que vous vous laverez les mains, à porter votre attention sur l’eau qui coule sur vos mains, qui glisse entre vos doigts. Remarquez la température de l’eau, les sensations que cela fait naître en vous. Portez votre attention sur les sons, ceux de l’eau qui tombe dans le creux de vos paumes, ceux des gouttes qui tombent dans le lavabo... 

Vous souhaitez aller plus loin ? Visualisez toutes les peurs, les angoisses ou tous les stress qui vous tracassent ici et maintenant. Donnez-leur une forme, une couleur ou une texture, comme vous le souhaitez. Puis placez le résultat obtenu dans le creux de votre main. Vous pouvez presque le ressentir. 

Laissez maintenant l’eau couler sur votre main, comme une lumière blanche qui vient progressivement vous nettoyer et vous purifier de ces soucis. Regardez-les s’adoucir, puis s’en aller...

Comme pour l’exercice que je vous ai proposé ci-dessus, n’hésitez pas à faire de ces nouvelles habitudes de joyeux moments de reconnexion à vous-même. 

Vous pouvez bien sûr étendre vos méditations informelles bien au-delà des gestes barrière, par exemple au moment, si pénible, de laver au vinaigre blanc tous les fruits et légumes. Ou à tout autre instant ! Soyez créatifs et amusez-vous!

 

Files d’attente, restrictions ? Pratiquer le lâcher-prise !

À priori, les interminables files d’attente à l’entrée des supermarchés et autres magasins de proximité sont derrière nous. 

Néanmoins, la plupart restent fermes sur leurs modalités d’accès. Files d’attente, port du masque obligatoire, gel hydroalcoolique à l’entrée, etc. Tout cela peut vite jouer avec nos nerfs, notamment lorsque l’on a prévu de visiter plusieurs commerces. 

Pour quelles raisons cela nous agace ? Plusieurs réponses sont possibles :

  • Par manque de temps ;
  • Parce que cela constitue une atteinte à notre chère Liberté ; 
  • Parce que cela nous infantilise ;
  • Ou tout simplement parce que leur multiplication exacerbe notre impatience. 

Dans tous les cas, notre agacement est lié à la difficulté (voire l’incapacité pour certains) de lâcher-prise. 

Le lâcher-prise, cette notion à la mode, mais souvent mal comprise, désigne la faculté d’appréhender le monde indépendamment du besoin que l’on en a. Ne pas chercher à tout contrôler, mais bien à accepter les choses telles qu’elles sont. 

Attention, « acceptation » n’est pas synonyme de « résignation ». Au contraire, le lâcher-prise est un acte d’affirmation de l’être dans sa globalité, qui peut être extrêmement libérateur.

Ok, compris, mais comment faire pour lâcher-prise ? 

Dans l’absolu, toute pratique permettant de mettre le mental sur pause permet de lâcher-prise, au moins quelques instants. 

Vous êtes coincé pour la quatrième fois de la matinée dans la file d’attente à l’entrée d’un magasin ? Profitez-en pour mettre en pratique les exercices proposés plus haut ! 

Ou bien portez votre attention sur votre respiration, très simplement, ou encore sur les sons qui vous entourent.

 

Près des yeux, près du cœur.

Le port du masque n’a pas que des inconvénients et pourrait bien modifier positivement notre manière de communiquer avec autrui. 

Bien sûr, la portée symbolique de cet objet penche plutôt vers la privation de la parole que vers sa libération. En pratique, il peut également créer une distance ou inhiber un certain nombre de discussions.

Mais le masque présente également l’avantage de fixer l’attention ! Et il en faut, car nous n’avons plus accès aux sous-titres habituels ! En effet, une partie importante du non-verbal se retrouve ainsi bridé : les tonalités se font plus douces, le gestuel plus timide, et les sourires et autres expressions en tout genre sont également plus difficiles à capter !

Pour combler ce manque, une solution : pratiquer une écoute plus attentive de l’interlocuteur.

Écouter attentivement, cela signifie : 

  • être plus attentif au contenu du verbal ;
  • être plus attentif au contenu du non-verbal qui peut malgré tout s’exprimer à travers le masque ! Quelques exemples : la fréquence de la voix, son rythme, la respiration, la posture, les gestes…et, les yeux !

Autrement dit, le masque nous invite à communiquer autrement : l’attention pleinement  ancrée dans l’instant présent et les yeux pleinement orientés vers ceux de notre interlocuteur. 

Une bonne occasion de pratiquer la pleine conscience et d’y apporter toute notre bienveillance !

 

Le déconfinement des esprits ?

Si vous avez lu mon article précédent, vous aurez probablement compris que l’objectif de celui-ci va bien au-delà de ma volonté de partager avec vous mes meilleurs conseils pour transformer les contraintes actuelles en opportunités spirituelles.

Il vise à maintenir et à développer un degré d’ouverture et de clarté de conscience nécessaires, première étape indispensable à mes yeux pour que nous puissions subvenir au besoin du monde d’être réenchanté. 

Alors, sans plus attendre, je vous propose de faire un premier bilan de votre déconfinement :

  • Avez-vous réussi, ces derniers jours, à cultiver les éléments positifs que le confinement vous a apporté ?
  • Êtes-vous parvenus à élargir votre degré de conscience sur les aspects de votre vie qui, vous semblait-il, vous avaient échappé ?
  • Si oui, notez tous les changements positifs que cela vous a apporté. Comment faire pour les améliorer ou développer ?
  • Si non, remarquez-le d’abord avec bienveillance. Prenez le temps ensuite de comprendre pourquoi cela n’a pas fonctionné et comment vous pourriez faire pour y arriver.

À vous de jouer, et n’hésitez pas à partager 🙂 !

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