Qui Suis-Je ?

 

“Hier, j’étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage et je me change moi-même.”

Rumi

 

Si vous deviez noter spontanément les cinq réponses qui vous viennent à l’esprit, quels seraient vos mots ? Cet exercice n’est pas aussi facile qu’il en a l’air, et après quelques instants de réflexion, vous pourriez bien arriver à ce genre de réponses :

  • je suis une femme, une mère, cadre d’une grande entreprise, dynamique et passionnée.
  • je suis un homme, un père, responsable commercial, la politique me passionne depuis mes études à la fac, sportif à mes heures.

Qui suis-je ? Les premiers mots que nous utilisons pour nous définir correspondent très souvent à des étiquettes sociales. Les références personnelles n’interviennent que dans un second temps, parfois même pas du tout.

Je suis une femme puisque mon corps en témoigne, un père car j’ai une fille, une cadre puisque mon contrat de travail l’indique, etc. Peut-être que votre petite voix intérieure s’empresse de souffler désormais quelques autres traits de votre personnalité pour compléter le tableau.

Toutes ces réponses sont évidemment valables, mais sont-elles pour autant suffisantes pour se définir ? Avoir un nom, un métier, des valeurs, des sentiments, une éducation, etc. nous permet d’explorer certains pans de notre être et de nous sentir exister. Mais ils ne sont qu’une infime partie d’un être d’une plus grande complexité.

Je suis un être rationnel, je sais donc je suis, ou je ne sais pas donc je suis.

Je suis aussi un être sensoriel. Je suis ce que je vois, ce que j’entends, ce que je sens. Je suis aussi ce que je suis et ce que les autres voient en moi. Du moins, c’est ce que je crois.

Je suis une entité mouvante et malléable, que la vie se charge de forger et de polir.

Qui suis-je ? L’impossible équation que nous tentons de résoudre en se créant continuellement de nouvelles identités qui nous éloignent chaque fois un peu plus de l’essence de notre existence. La source de toutes nos souffrances et de nos tourments.

Qui sommes nous réellement ? La métaphysique de l’existence qui résonne le plus en moi me dit que nous sommes des âmes éternelles, que chaque être est un rayon de conscience relié à l’énergie du monde que certains appellent Amour, Dieu ou Conscience.

Malheureusement, l’éclat de ces rayons ne peut briller sous les voiles opaques de l’ignorance, ce qui nous empêche de nous connecter à notre Soi supérieur.

 

Qui suis-je ? C’est la question que je me suis posée lorsque la torpeur de la dépression s’est abattue sur moi. Je voyais devant moi les éléments constitutifs de tout ce que je croyais être, éclatés en morceaux. Tous ces imposteurs, à qui s’accrocher, comment leur faire confiance à nouveau ?

Au bout de ce long tunnel, m’est alors apparue une douce lumière, celle de ma nature profonde, de mon “Moi supérieur”. Je ne pouvais pas la voir, à proprement parler, mais je “sentais” sa présence, je savais qu’il fallait la suivre et me reconnecter à elle pour me reconstruire en harmonie avec l’essence de mon âme.

La vie est ainsi faîte que lorsque l’on traverse une crise, l’ego et l’estime de soi sont si faibles que l’opacité des voiles s’adoucit, permettant à celui qui le souhaite de se reconnecter à soi. Certains préfèrent trouver le réconfort illusoire dans les substituts extérieurs, d’autres dans l’enrichissement de leur vie intérieure, parfois les deux !

 

Qui suis-je ? Heureusement, je ne me pose pas cette question tous les jours. La majorité du temps, c’est-à-dire quand tout va bien, je glisse d’une activité à une autre avec légèreté sans me soucier de la pesanteur de l’être. Néanmoins, dans les moments difficiles, je préfère me relier à cette interrogation plutôt que de m’encombrer d’un nouveau voile.

Et chaque soir, lorsque j’allume la télé pour regarder mon programme d’information préféré, que je vois ces sempiternelles revendications et cette énergie négative projetée envers l’autre, je me demande avec bienveillance si, avant toute chose, ils se posent cette même question ? Comment se définiraient-ils alors ?

Qui sommes-nous ? Puisque tous nos rayons sont reliés, se connaître soi-même est la voie la plus noble pour une meilleure connaissance de l’humanité. De fait, prendre en main sa destinée personnelle en se reliant à l’essence de Soi peut changer la destinée collective.

Et toi, qui es-tu ?

 

 

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